Comprendre le statut syntaxique des marqueurs de personne et de nombre dans la langue inuite : accords ou pronoms clitiques?

 

Richard Compton

Université du Québec à Montréal

 

Domaine : langues et langage

Programme soutien à la recherche pour la relève professorale

Concours 2016-2017

Les langues marquant l'accord verbal n'indiquent habituellement que les traits syntaxiques de la personne et du nombre de leur sujet, mais la langue inuite suit un schéma moins commun en marquant la personne et le nombre du sujet et de l'objet simultanément. Une seule terminaison peut indiquer les deux en même temps. Cependant, ce deuxième type d'accord avec les objets pose une énigme pour les linguistes. Des travaux récents en théorie syntaxique ont avancé l'hypothèse que ces cas d'accord apparents avec les objets dans toutes les langues humaines ne sont pas de vrais accords, mais plutôt des clitiques : des petits pronoms qui ne peuvent pas être autonomes et qui doivent s'appuyer sur un mot adjacent pour être prononcés. Pourtant, l'inuit semble remettre en cause ces propositions, puisqu'à plusieurs égards les marques de personne et de nombre pour les objets en inuit se comportent comme de vrais accords morphosyntaxiques. La description définitive et l'analyse de l'accord verbal en inuit ont des conséquences pour notre compréhension de l'accord dans la théorie syntaxique, et en particulier du degré auquel ses propriétés sont universelles ou soumises à des variations translinguistiques.

Dans ce projet nous allons recueillir des données syntaxiques auprès de locuteurs natifs de deux dialectes inuits (l'inuktitut et l'inuinnaqtun) au moyen de jugements de grammaticalité et de conditions de félicité sémantique. Ce projet comportera de la recherche syntaxique, du travail de terrain dans les communautés inuites, l'encadrement des étudiants et l'engagement avec des individus et organismes menant des activités de documentation et de revitalisation linguistique.