Caméras de surveillance dans les lieux publics : enjeux éthiques et sociaux



Depuis quelques années, divers événements pressent les autorités publiques et politiques à resserrer la surveillance dans les lieux publics afin de mieux rassurer la population.

La criminalité, le terrorisme et les phénomènes de marginalité comme l'itinérance, la prostitution et la consommation de drogues sont les principaux motifs invoqués pour justifier l'installation de dispositifs de surveillance et de répression. On assiste donc à une prolifération de caméras de surveillance dans les centres-villes du Canada, souvent sans qu'il y ait eu de débat sur les risques d'une telle utilisation sur le plan social.

Les caméras de surveillance pourraient, par exemple, mener à du profilage racial.

En effet, en tant que dispositif de régulation sociale, les caméras de surveillance pourraient, par exemple, mener à du profilage racial ainsi qu'à une discrimination et une répression disproportionnée à l'égard des jeunes de la rue et d'autres groupes marginaux.

Compte tenu des enjeux éthiques et sociaux que cela soulève, Christian Boudreau, professeur-chercheur à l'École nationale d'administration publique, s'intéresse aux motifs et aux stratégies des acteurs qui sont en faveur de l'utilisation de ces caméras et de ceux qui s'y opposent ou qui tentent d'en encadrer le déploiement, un aspect qui a été moins souvent pris en compte dans les études précédentes. Ses travaux mettront au jour la difficile conciliation entre les préoccupations en matière de sécurité et les principes de vie privée et de liberté, notamment dans un contexte de revitalisation urbaine.

Les résultats pourront être d'une grande utilité pour les autorités gouvernementales et les autres instances publiques (comme les commissaires à la vie privée) qui auront à statuer sur l'utilisation des caméras de surveillance dans les lieux publics.